4 jours au Danemark, le pays « le plus heureux du monde »

Hé oui, le Danemark apparait depuis de nombreuses années maintenant comme l’un des pays où les gens vivent le plus heureux (3e en 2018 juste derrière la Finlande et la Norvège). On a voulu aller voir ça par nous même alors on a pris l’avion pour passer quelques jours à Copenhague début novembre.

J’ai eu l’impression qu’à Copenhague la vie se déroule tranquillement. La ville est à taille humaine, les sites intéressants assez proches les uns des autres, ce qui permet de tout faire à pied ou à vélo. Copenhague, ça se visite le nez en l’air : il faut regarder ces superbes églises aux toits délavés par le temps qui passe, il faut suivre la course des nuages pour savoir si la pluie nous rattrape, et… il faut regarder ces danois, dont la taille moyenne est bien plus haute que la mienne!

Les couleurs du Danemark
Les couleurs du Danemark

À Copenhague la vie semble douce. La ville est claire, propre, agréable. Début novembre, les décorations de Noël commencent à poindre, les magasins sont pleins de Pères Noël et de guirlandes. On se nourrit exclusivement de soupe, de poisson, de crêpes au chocolat et de boissons fumantes pour réchauffer le bout des doigts. J’ai adoré l’ambiance de ce pays, beau dans tous les sens du terme.

Sur ces quelques jours, nous ne sommes pas vraiment sortis des sentiers battus. Trop peu de temps pour pas mal de choses à voir et puis peut-être l’envie de se laisser porter par la facilité. J’ai pas trouvé que les danois étaient particulièrement chaleureux ou curieux à notre égard, plutôt pudiques peut-être, malgré nos tentatives pour aller vers eux. Probablement que le fait de voyager en couple attire moins que deux jeunes femmes seules…

LE PAYS DU VELO

Nous découvrons Copenhague pour la première fois un soir, vers 16h30, alors que la nuit tombe déjà sur cette ville inconnue.

L’une des premières choses que l’on remarque en sortant du train qui rejoint le centre-ville, c’est la quantité exorbitante, démesurée, prodigieuse, de vélo qui fleurissent dans tous les quartiers. Les parkings à vélo présents à tous les coins de rue sont généralement pleins à craquer. Toutes les infrastructures sont prévues, autant pour les vélos de particuliers que par les entreprises de location. Les voies réservées aux vélos sont aussi nombreuses que celles réservées aux bus, tout autant que les feux de signalisation. C’est assez curieux, nous qui avons l’habitude de la voiture et du métro…

De nombreuses entreprises de location existent en ville, vous en trouverez très facilement et à des prix assez intéressants. Si vous logez en centre-ville, préférez d’ailleurs le vélo au métro ou au bus, beaucoup plus chers. De notre côté, nous avons loué deux vélos pour une demi-journée chez Baisikeli. Cela nous a coûté 50 DKK chacun avec des vélos bon marché (nous avons pu choisir la gamme du vélo que nous souhaitions louer, et pour une demi journée inutile de jouer la carte du confort).

Leur site se trouve un peu plus loin que tous les autres loueurs de l’hyper-centre mais nous avons décidé de louer chez eux car ils sont engagés à se servir du tourisme dans la capitale pour aider le tiers-monde : ils collectent les vélos en mauvais états ou abandonnés au Danemark, les retapent et les envoient notamment en Afrique où ils permettent aux enfants de parcourir des distances plus longues que les nôtres pour aller à l’école ou encore se déplacer dans les zones rurales. D’ailleurs, Baisikeli signifie en fait « vélo » en Swahili. C’est la location et la vente de vélo au Danemark qui permet de financer ceux qui sont retapés et envoyés gratuitement en Afrique. Ils partent aussi régulièrement sur place pour former les gens, les aider à développer une activité ou pour échanger avec les autres professionnels de ces pays.

La vie, c'est comme le vélo : il faut toujours aller de l'avant pour ne pas perdre l'équilibre. A. Einstein.
La vie, c’est comme le vélo : il faut toujours aller de l’avant pour ne pas perdre l’équilibre. A. Einstein.

Louer un vélo, c’est la vraie bonne idée du séjour. Pour une heure, un journée ou une semaine, et si le temps le permet, n’hésitez pas. C’est un vrai plaisir, on ne se fatigue pas vraiment plus qu’en marchant toute la journée. On se déplace plus vite et on visite donc plus de choses. Moi qui n’était pas montée sur un vélo depuis des lustres, ça m’a même donné envie d’en racheter un pour aller au boulot.

UNE TERRE DE LEGENDES

Bien sûr, il y a d’abord les Vikings, qui peuplent notre imaginaire (et nos séries Netflix). Pour commencer, il faut sans aucun doute visiter le musée national (Nationalmuseet) où j’ai découvert avec émerveillement les coutumes, les bijoux, les armes, et même les runes (système d’écriture des anciens germains avant de devenir celui des scandinaves). Les objets les plus anciens sur lesquels ont été retrouvés des inscriptions runiques ont été découverts dans le sud : au Danemark mais aussi dans le sud de la Suède et de la Norvège. Ces régions constituent donc le berceau de l’écriture en runes.

Pour les curieux, il y a aussi un musée entier consacré aux bateaux vikings, Vikingeskibsmuseet Roskilde, que nous n’avons pas visité par manque de temps et parce qu’il est assez loin du centre-ville (environ 30 km de Copenhague) mais qui semble vraiment super intéressant si vous avez un faible pour cette partie de l’histoire scandinave.

Un peu plus au sud se trouve enfin une forteresse viking, Trelleborg. La forteresse est entourée d’un mur immense et offre à découvrir un musée, un château, une sorte de marché inspiré de ceux des vikings. Ceux qui y sont passés pourront peut-être nous dire si ça vaut le coup ?

Il y a un autre aspect qui me parle un peu plus encore que l’héritage viking… Il y a Hans Christen Andersen et ses contes connus de tous : La Petite sirène, Le Vilain petit canard, La reine des neiges, La Petite fille aux allumettes, etc.

"Et lorsque son sang chaud coulera sur tes pieds, ils se réuniront en une queue de poisson et tu redeviendra sirène"
« Et lorsque son sang chaud coulera sur tes pieds, ils se réuniront en une queue de poisson et tu redeviendra sirène »

Si vous passez par Copenhague, vous n’y échapperez pas. Et le plus représentatif est bien entendu celui de La Petite sirène, écrit en 1836. Nous sommes allés voir, non sans quelques réserves, la statue de la Petite sirène dans le parc Churchill non loin du port industriel. Il s’agit en fait d’une commande de Carl Jacobsen, et c’est le sculpteur Edvard Eriksen qui la lui a offerte. Pour la petite anecdote, il l’a faite en prenant sa femme comme modèle car la personne dont il avait choisi de sculpter le visage a refusé de poser nue pour qu’il puisse faire le corps.

Les touristes admirent donc la Petite sirène de moins d’1m50 depuis plus de 100 ans. Elle regarde le monde aller et venir, peut-être toujours à la recherche de l’homme pour lequel elle accepté de quitter la mer… Ceci dit, la statue présente au parc, maintes fois vandalisée, est en réalité une copie. L’originale est conservée dans un endroit tenu secret.

Quand vous irez à Nyhavn, sachez que l’auteur y a vécu durant des années, et il a écrit dans sa maison sur le port la plupart de ses histoires. Ce port est une merveille. Les maisons sont de toutes les couleurs, un tableau multicolore qui fait rêver. Les quelques bateaux stationnés rendent le tout un peu bucolique, presque romantique. Terminez votre itinéraire sur les traces de Hans Christian Andersen dans l’endroit où l’écrivain repose : le charmant parc du Cimetière Assistens.

Les superbes couleurs de Nyhavn
Les superbes couleurs de Nyhavn

UNE HISTOIRE ROYALE ET… UN QUARTIER AUTONOME

La monarchie danoise est l’une des plus vieille au monde, elle remonte évidemment au temps des premiers Vikings, il y a plus de 1000 ans.

Excepté la reine Margrethe II, tous les membres de la famille portent le titre de prince ou de princesse. Les héritiers de la couronne, bien moins connus de Kate et William, rendent néanmoins les danois très fiers. La famille royale est particulièrement populaire, moderne et investie dans toutes sortes d’événements de bienfaisance. Dans la famille royale, on trouve même une icône de mode (la princesse héritière Mary) et le prince héritier Frederik a été nommé plusieurs fois comme le danois de l’année !

On trouve leur visage sur tous les mugs, assiettes, cartes postales, et autres… torchons de cuisine. De quoi ramener quelques souvenirs ?

Trouver son chemin à Christiania
Trouver son chemin à Christiania

Au milieu de cette capitale, dans ce petit pays monarchique, se trouve un quartier totalement autonome : Christiania. J’avoue que je n’ai pas été aussi emballée que certains par ce quartier autogéré. Certes, c’est un ovni. On y croise autant de hippies soixante-huitards que de mecs en survèt à capuche. Tout le monde est très cordial, les touristes très nombreux et la vie suit son cours. En dehors des oeuvres d’art qui grandissent sur les murs de ce quartier, il y aussi ce « marché aux herbes » comme je l’appelle : quelques tonneaux de bois où des mecs vendent et négocient de l’herbe venue d’endroits différents. C’est assez étonnant d’autant plus que le cannabis est vraiment tabou en France. Quoi qu’il en soit c’est une balade intéressante à faire si on est dans le coin mais je n’ai pas été vraiment emballée. À voir en fonction de chacun. En revanche, je vous déconseille d’acheter quoi que ce soit : une fois sortis du quartier, les flics peuvent vous tomber dessus à tout moment, puisque dans le reste du pays, la consommation de cannabis est toujours prohibée. Enjoy.


UNE TETE AU CARRE

Les danois ne sont pas particulièrement chaleureux mais plutôt polis et distants. Nous n’avons pas vraiment réussi à entrer dans un contact amical avec les quelques personnes que nous avons rencontrées. Elles se sont montrées peu curieuses et peu intéressées. J’ai eu l’impression que c’était essentiellement de la pudeur, il semblerait qu’ils tiennent énormément à leur intimité. En revanche, comme je viens de Marseille (pas vraiment réputée pour sa propreté), j’ai été ébahie par les efforts qui sont faits pour maintenir la propreté de la ville. Les pelouses sont tondues, les services municipaux travaillent toute la journée, on ne trouve pas de déchets par terre. Les transports en commun sont également plutôt en bon état, pas récents c’est certain, mais propres (y compris le S-tog, qui est l’équivalent du RER parisien).

Un dernier coup de coeur ? Tivoli, définitivement ! Il s’agit d’un parc d’attraction en plein milieu de la ville, en face de la gare (histoire qu’on puisse pas le rater). Bien sûr, il y a quelques journées thématiques, nous y sommes allés pour Halloween et les décorations étaient justes exceptionnelles. Je suis complètement retombée en enfance et j’ai profité de chaque moment, le nez en l’air, à regarder chaque citrouille et chaque fantôme.

Fêter Halloween à Tivoli
Fêter Halloween à Tivoli

PETIT DETOUR PAR LA SUEDE

Si il vous reste un peu de temps, n’hésitez pas à prendre le train sur le pont original de l’Öresund pour vous rendre à Malmö, en Suède. Visiter deux pays en une fois ? Une chance ! Le trajet ne dure qu’une demi heure environ, et la ville de Malmö a de belles choses à offrir (ce n’est pas seulement la ville de naissance d’Ibrahimovic, heureusement) : le marché couvert de Saluhall, la place Lilla Torg, tout en authenticité et en délicatesse, la bibliothèque municipale, entourée d’un parc magnifique.

On en profite pour se reposer et faire Fika. Si vous ne savez pas de quoi il s’agit, je vous invite à lire l’article que j’ai écrit après mon passage en Suède. Nous avons passé plusieurs jours dans cette ville calme et douce. Un moment privilégié dans notre vie à 1000 km/h. Un pause bien méritée. Et vous ? Vous prévoyez un passage ?

Un chocolat et un kanelbullar pour faire fika
Un chocolat et un kanelbullar pour faire fika
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J’ai testé : confectionner un carnet de voyage

Un carnet de voyage est un outil fabuleux qui permet de partager le charme et les secrets du monde entier mais aussi l’histoire de son auteur. C’est un support qui a vocation à résister au temps et à témoigner d’un lieu et d’une époque. Lire la suite de « J’ai testé : confectionner un carnet de voyage »

Malte : budget pour 5 jours

Quand on voyage, le budget est bien souvent une préoccupation importante. Peu importe les moyens financiers qui sont à votre disposition (enfin, presque !), je me suis dit qu’il serait pertinent de vous faire part de nos dépenses pour notre séjour à Malte, histoire de vous aiguiller dans la préparation de votre voyage. Lire la suite de « Malte : budget pour 5 jours »

Malte, chemin de traverse (1/2)

Si je vous parle de Malte, qu’est-ce qui vous vient en premier à l’esprit ? Les eaux turquoises, les voyages linguistiques pas chers, les fêtes incessantes de St Julians ou Sliema ? À moi aussi. Heureusement, nous avons vu qu’il y avait en fait beaucoup plus que ça a découvrir sur cette petite île paradisiaque. Lire la suite de « Malte, chemin de traverse (1/2) »

New York : de la démesure à la réalité (2/2)

CHAPITRE 2
Brooklyn, Bronx, Queens & Staten Island

Comme la plupart des touristes visitant New York, nous avons passé beaucoup de temps à Manhattan car c’est dans cet arrondissement que se trouvent la plupart des sites mondialement connus. Ceci-dit, nous sommes conscientes que les autres arrondissements ont aussi des trésors à offrir.

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New York : de la démesure à la réalité (1/2)

CHAPITRE 1
Manhattan

New York, la ville de la démesure, la plus grande et la plus peuplée des États-Unis. J’ai toujours été impressionnée par ce que je voyais à la télé : ses buildings immenses, ses 9 millions d’habitants, ses boroughs, Times Square…

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Lagom, l’art de vivre à la suédoise

Après l’essor de la philosophie danoise « Hygge » en 2015-2016 vient le tour du « Lagom » (prononcé Lar-gom) suédois. Après une enquête sur le terrain et des recherches à mon retour, je vous livre ici une petite explication de ce que j’ai appris. À vous de vous approprier le concept si vous en avez envie !

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