Malte, chemin de traverse (1/2)

Si je vous parle de Malte, qu’est-ce qui vous vient en premier à l’esprit ? Les eaux turquoises, les voyages linguistiques pas chers, les fêtes incessantes de St Julians ou Sliema ? À moi aussi. Heureusement, nous avons vu qu’il y avait en fait beaucoup plus que ça a découvrir sur cette petite île paradisiaque.

La Valette vue de l'Upper Barracca Gardens
La Valette vue de l’Upper Barracca Garden

Ses points forts :

Les petites distances : dans ce petit pays d’à peine 316 km2, rien n’est loin, l’île se traverse en maximum 45 minutes (en voiture j’entends…), ça permet de faire vraiment ce dont on a envie sans passer des heures dans les transports.

Sa diversité : la richesse de Malte est immense. Tour à tour envahie par les Grecs, les Phéniciens, les Arabes, les Anglais, les Français (entre autres), l’île est au carrefour de toutes ces civilisations et c’est très beau à voir. Les motifs arabes, les chauffeurs de bus italiens, la langue chantante mais incompréhensible, les cabines téléphoniques à la britannique, l’architecture de l’époque Baroque ou de la Renaissance, la langue arabe mais les innombrables églises et cathédrales catholiques : un métissage dans tous les aspects de la société, déroutant et intriguant.

Le climat : au mois de juin, il fait déjà très chaud, mais dès le mois d’avril le climat est vraiment agréable, le soleil est haut dans le ciel mais les températures supportables. L’été est suffocant mais dure jusqu’à octobre… de quoi faire de belles vacances hors saison.

L’anglais : on parlait des voyages linguistiques et ce n’est pas une blague. Beaucoup de lycéens et d’étudiants partent étudier l’anglais à Malte, un peu plus abordable que le Royaume-Uni et surtout, il y pleut beaucoup moins. Ceci dit, l’accent anglais avec les R roulés des italiens et les H aspirés comme en arabe, il faut s’y habituer…

Ses points faibles :

Nous n’en avons trouvé qu’un : l’île est sale. Les maltais ET les touristes ne respectent absolument pas le paysage. Les trous dans la roche servent de cendriers, certaines eaux sont pleines de plastique et les bords des routes parfois jonchés de déchets. Le gouvernement ne semble pas particulièrement inquiété alors que certains endroits sont quand même très sales. Et, bien sûr, cela a forcément un impact sur la biodiversité et sur les paysages magiques qui s’y trouvent. Ne faites pas pareil, ne laissez rien derrière vous.

Carte de Malte
Nous avons visité une grande partie de l’île grâce à notre petite voiture
JOUR 1 : l’aventure commence

Nous sommes arrivées à l’aéroport Luqa à 11h du matin. Nous rejoignons notre logement AirBnb dans la ville toute proche de Msida, chez un couple de londonien expatrié depuis quelques années à Malte.

Pas de temps à perdre, nous fonçons vers La Valette, avec soif d’apprendre, de voir, de sentir. L’accès à La Valette est vraiment facile si on réside là-bas, sinon des bus desservent très bien les villes alentours jusqu’à la gare routière. La ville de La Valette est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis les années 80 : plus de 300 bâtiments historiques à protéger, une histoire extrêmement riche, traversée par les conquêtes de différents peuples, une architecture hors du commun. Son nom lui vient d’un chevalier français de l’Ordre de Malte, Jean Parisot de La Valette. Elle est aujourd’hui la capitale institutionnelle, commerciale et financière de l’île.

D’ailleurs, l’Ordre de Malte, c’est quoi ?

Il s’agit d’un ordre religieux laïc (c’est-à-dire qu’il s’occupe de tout le monde sans aucune discrimination vis-à-vis de la religion) fondé en 1048 à Jérusalem. Il a à l’origine une vocation hospitalière, d’abord pour les pèlerins en Terre Sainte, puis plus tard pour tout le monde. L’Ordre a aussi une fonction militaire de protection. Après les croisades, l’Ordre se réfugie à Chypre puis à Rhodes, et enfin à Malte en 1530. C’est un état à part entière, avec ses institution, sa monnaie et sa propre constitution. Chassé de Malte en 1798 par Napoléon, l’Ordre s’installe à Rome et se recentre sur l’assistance sanitaire, crée des écoles de médecines et des hôpitaux. En France, l’Ordre de Malte gère de nombreux hôpitaux et établissements de soin.

Les rues de La Valette
Les rues de La Valette

La Valette se trouve à seulement 6 kilomètres de l’aéroport, c’est donc très facile de s’y rendre en voiture ou en bus. Bien que nous ayons loué une voiture, nous avons opté pour le bus à ce moment-là, la ville n’était pas trop réputée pour ses grandes avenues, ses places de parking à foison, etc. Le ticket dans le bus coûte 2 € et reste valable pendant deux heures (les bus sont d’ailleurs en assez mauvais état, ne soyez pas étonnés). Il n’est pas toujours aisé de parler aux chauffeurs car certains parlent anglais, d’autres italiens, d’autres encore arabe. Il s’agit de trouver celui dont vous savez parler la langue ! En revanche, les gens seront ravis de vous indiquer votre chemin, les lignes de bus sont très nombreuses et pas toujours bien indiquées. Si vous restez une semaine sur l’île, vous pouvez prendre une carte à 21 € pour des trajets illimités, que vous trouverez directement à l’aéroport ou encore à la gare de La Valette. Si vous prenez une voiture, vous ne payerez que les quelques trajets que vous seriez obligés de faire en bus. En effet, il est très déconseillé d’entrer à La Valette en voiture, mieux vaut se garer à l’extérieur et tout faire à pied.

Les cabines téléphoniques anglaises posées de manière improbable dans les rues maltaises
Les cabines téléphoniques anglaises posées de manière improbable dans les rues maltaises

Vous trouverez une carte gratuite de la ville à l’office de tourisme. Mais il ne s’agit pas vraiment de s’y retrouver, le mieux est quand même de s’y enfoncer et de profiter de ce qu’elle offre. De toute façon, ce n’est pas immense, vous passerez forcément devant les sites importants que vos guides ne manqueront pas de vous indiquer. La ville est un musée à ciel ouvert, les rues les plus anciennes et typiques sont superbes (notamment Republic Street and Merchant Street), elles descendent vers le port et on y repère très vite les fameux balcons colorés qui ornent les murs de la vieille ville.

La Fontaine du Triton
La Fontaine du Triton

Nous avons adoré la Fontaine des Tritons à la gare routière (avec ma sirène accrochées à la jambe, je suis plutôt dans mon élément). Nous avons surtout aimé l’Upper Barracca Garden, un parc splendide et ombragé (ça ne fait pas de mal dans ce pays très sec), mais nous avons surtout été scotchées par la vue qu’il donne sur les Trois Cités et sur le reste de la ville. Nous aurions pu y rester jusqu’à ce que le jour s’évanouisse mais d’autres surprises nous attendent.

Y aller : Upper Barracca Gargens, Battery Street, Valetta

La vue sur Les Trois Cités
La vue sur Les Trois Cités

Nous avons également trouvé la Cathédrale de St Jean très belle, de l’extérieur seulement parce que l’entrée est quand même à 10 € (7,50 € pour les étudiants et les retraités). Pas de visites payantes pour nous ce jour-là, nous rentrons à Msida, où nous allons dormir les jours à venir.

Y aller : Saint John’s Street, ouverte de 9h30 à 16h30.

JOUR 2 : « le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt »

Nous nous levons à l’aube, le réveil sonne à 6h. L’air est déjà chargé, la chaleur se fait sentir dès les premiers rayons. Nous prenons la route vers le sud, direction la petite ville portuaire de Marsaxlokk, réputée pour ses luzzi (petites barques de pêcheurs) multicolores, connue pour être une ville lumineuse et douce.

Les superbes bateaux de Marsaxlokk
Les superbes bateaux de Marsaxlokk

Nous avons commencé par arpenter ses rues, son port, profiter du soleil qui monte à l’horizon mais qui ne nous brûle pas encore. Il n’y a personne dans les rues, les quelques cafés sortent à peine leurs tables et leurs chaises. Les petits vieux nous regardent d’un air curieux, assis sur leurs bancs, muets mais intrigués. Nous sommes mardi et ce jour-là, le marché se met en place, les étales sont presque prêtes. Bien sûr, c’est un marché offert aux touristes, rien de franchement typique. Ceci-dit, on y trouve quand même de quoi ramener quelques souvenirs sympas et de la nourriture du coin (on a vérifié) : confitures, nougat, pâtisseries, etc. On s’arrête prendre un petit verre de jus d’orange sur les berges avant de repartir à l’assaut de l’île.

Le port de Marsaxlokk a des airs d'oasis
Le port de Marsaxlokk a des airs d’oasis

Nous rencontrons un pêcheur, il a un petit bateau stationné sur le port et toute la saison, il emmène des touristes en balade. Ils sont nombreux à proposer ce genre de petite activité aux visiteurs de passage. Nous discutons et décidons de monter avec lui pour aller voir le site de St Peter’s Pool, nous passons devant les salines, devant les anciens postes de l’armée cachés dans la roche et devant le phare qui surveille l’horizon. Les eaux sont cristallines, on s’y jetterait bien, la brise marine fait descendre la température de nos corps, l’air est plus respirable en mer.

L’aller/retour dure une petite heure, nous profitons du moment, nous ne sommes que deux sur le bateau car il est encore tôt. On pourrait y mettre facile six personnes, mais pour le moment, il n’y a que nous. C’est très agréable de profiter des vagues, de la fraicheur de la mer, sans penser à l’heure qu’il est ni à ce que nous devons faire ensuite. Nous avançons et bravons les vagues de plus en plus fortes et finissons par regagner enfin la rive. L’aller/retour nous a coûté 10 € chacune, c’est pas donné mais il faut savoir se faire plaisir.

La couleur des eaux maltaises est exceptionnelle !
La couleur des eaux maltaises est exceptionnelle !

Nous reprenons ensuite la route et rejoignons St Peter’s Pool, par la route cette fois, et dans l’optique de pique-niquer et de se baigner un peu. Une longue route serpente entre des murets bas, un sentier suffisamment incongru pour qu’on se demande au moins une dizaine de fois si on est bien sur la bonne route. Au bout du sentier se trouve un parking un peu « sauvage », pour lequel il faut payer 2 € (pas de temps imparti, on reste autant qu’on veut) à une famille qui vit probablement dans le coin et qui possède le terrain. En tout cas, rien de franchement officiel. Peu importe, les voitures sont garées, surveillées et au moins on n’a pas peur de descendre se baigner. Il est presque 13h lorsque nous arrivons et l’endroit est déjà pas mal bondé. Des jeunes, des familles ont fait le déplacement, beaucoup de touristes parmi nous évidemment. L’endroit est très beau mais je ne l’ai pas trouvé franchement agréable, justement parce qu’il y avait beaucoup de monde, nous n’y sommes d’ailleurs restées qu’une heure, le temps de manger, de reprendre des forces, de se rafraichir un peu.

Y aller : Prendre la direction de Delimara Point puis St Peter’s Pool est indiquée. Suivre les panneaux qui indiquent le parking, sur un chemin assez étroit jusqu’au bout.

Blue Grotto
Blue Grotto

La voiture nous attend sur le parking pour nous emmener vers le site mondialement connu de Blue Grotto. Le GPS nous a emmené n’importe où, nous nous sommes perdues dans un petit sentier en travaux. Nous avons laissé la voiture là et avons continué à pied pour finalement rejoindre… la route, l’officielle, celle que nous aurions dû prendre. Bref après quelques minutes à pied, nous arrivons sur le site où des bateaux nous attendent pour embarquer. Là en bas, c’est l’usine : nos billets achetés (8 € par personne), un homme nous presse de monter dans le bateau où se trouve déjà 8 personnes. Je cherche à me faire une place entre ma soeur, un enfant et son père. Je ne vois rien, le type n’arrête pas de nous invectiver, de nous taper sur l’épaule « hey, young girl, look right here », il parle vite, nous donne le nom des différentes grottes que nous visitons, nous parle rapidement des coraux, de la couleur de l’eau. En un quart d’heure, le tour est plié, je n’ai pas vu grand chose, on ne m’a pas laissé le temps de profiter, de regarder plus longuement, et on nous demande de descendre rapidement pour que les suivants puissent monter. Malgré la beauté exceptionnelle du site, cette visite ne m’a pas plu du tout, alors si vous trouvez un autre moyen de visiter Blue Grotto, n’hésitez pas ! Si vous voulez vraiment le voir et qu’il n’y a pas d’autre moyen, faites comme nous et allez-y mais ne vous attendez pas à une activité enthousiasmante, c’est juste qu’il faut voir la couleur de cette eau !

Y aller : Direction Wied Iz-Zurrieq. Tous les jours de 9h à 17h. 8 € pour les adultes, 4 € pour les enfants. Ligne 74 depuis La Valette.

Pour nous réconforter, nous avons un peu crapahuté au bord des falaises qui longent la côte pour apercevoir les grottes d’en haut. C’est toujours aussi beau et au moins personne ne m’oblige à regarder à droite ou à gauche. On reste au moins une demi heure à imprimer le paysage dans nos rétines, cette fois, on ne se gêne pas.

Pour finir la journée, nous allons à 10 minutes de là, visiter les temples d’Hagar Qim et Mnajdra (10 € l’entrée pour les deux temples, situés à 500 m l’un de l’autre). Nous y sommes allées vers 16h (dernières entrées une demi heure plus tard), il y avait très peu de monde et le parking était gratuit, ce qui n’est visiblement pas toujours le cas. Les temples datent environ de 2600 ans avant J.-C. (soit plus ou moins au même moment que les pyramides en Egypte), mais ont été découvert seulement en 1839.

L'intérieur du temple d'Hagar Qim
L’intérieur du temple d’Hagar Qim

Les temples sont constitués d’énormes blocs monolithiques qui forment une sorte de trèfle, où certaines salles sont dédiées à des divinités et dans lesquelles on trouve des autels. La construction semble avoir été faite en fonction des astres, des constellations d’étoiles. Les temples sont très impressionnants. Ils sont aujourd’hui recouverts d’un immense dôme, pour les protéger des intempéries, de la morsure du soleil, des agressions. Par ailleurs, la vue sur la mer est splendide. La visite de ces temples nous plonge des siècles en arrière, on comprend difficilement ce qui se passait en son sein mais les quelques panneaux explicatifs permettent de se représenter une certaine forme de vie et de civilisation.

Y aller : Triq Hagar Qim, vers Qrendi, ligne 72 depuis la gare routière de La Valette.

St Peter's Pool
St Peter’s Pool

Nous avons visité de nombreux sites pendant les quelques jours que nous avons passé là-bas. Pour retrouver notre retour sur le Nord de l’île ainsi que sur Gozo et Comino, c’est par ici.

Si vous avez envie de savoir combien ça coûte tout ça sans lire tout ce bla-bla, j’ai fait un petit récapitulatif de nos dépenses sur place, ça peut aider !

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